Comment diagnostique-t-on un trouble du comportement alimentaire (TCA) ?
C’est en observant un ensemble de signes physiques et psychologiques, tels que les désordres alimentaires. Mais avant tout, il est important de rappeler que le TCA est une maladie, qui peut avoir des conséquences très graves, et que seul un médecin est habilité à diagnostiquer et traiter un TCA. Si le médecin qui examine un athlète, l'entraineur, la famille ou des proches suspectent cette maladie, il est impératif d’en parler à l’athlète avant tout (et à sa famille si c’est un mineur), et d’alerter le médecin traitant.
Quelles en sont les conséquences ?
Elles peuvent être très sévères si on les laisse évoluer, le risque de complications somatiques et psychiques nombreuses est très fort.
Il faut savoir qu’il s’agit de la maladie psychiatrique qui engendre le taux de mortalité le plus élevé, jusqu’à 10 % dans les études comportant un suivi de plus de dix ans. Si Le risque suicidaire est la première des conséquences, persistant même à long terme, les privations alimentaires (souvent aggravées de vomissements volontaires succédant à des accès de boulimie) seront rapidement la cause d’un amaigrissement intense, d’un arrêt des règles chez la femme (aménorrhée) et d’une ostéoporose majeure et précoce.
C’est ainsi que des jeunes femmes de 25 ans se retrouvent avec des os d’une personne de 65 ans (qui serait ménopausée et sans traitement hormonal substitutif), avec un risque fracturaire important, sans oublier également les défaillances cardiaques, l’infertilité, la désinsertion sociale, la dépression, et l’altération de la performance.
Qui peut détecter cette maladie ?
La détection de ces troubles est un des « objectifs santé » majeur du suivi médical du haut-niveau. Dans ce cadre, le médecin qui examine le sportif, le médecin fédéral ou les entraîneurs peuvent suspecter la maladie. Mais le TCA ne touche pas seulement le haut niveau, aussi, entraîneur et le dirigeant de club peuvent eux être des acteurs importants, tout comme la famille, les proches, et le médecin traitant. Dans le cadre de la fédération, nous informons les entraîneurs par des consignes précises, et mettons à leur disposition des outils de détection.
Quels sont les signes qui doivent alerter l’entraîneur, ou le dirigeant de club ?
Il existe trois catégories de signes à repérer pour l’entraîneur : des signes psychologiques (tels que se trouver trop gros malgré un poids normal, le décompte des calories, une faible estime de soi, ou de brusques changements d’humeur), des signes physiques (perte de poids rapide, fatigue, problèmes gastro-intestinaux, arrêt des règles, malaises, blessures, etc.) ainsi que des signes comportementaux (régime amincissant, se cache pour manger, obsession du poids, etc.)
Détail des signes observables
Quel est rôle des entraîneurs et dirigeants de club ?
Il est impératif de souligner que l’entraîneur et le dirigeant de club ne sont pas chargés de la prise en charge thérapeutique. C’est une erreur récurrente !!! Ni l’un ni l’autre n’ont les compétences et les outils nécessaires pour soigner les TCA. Je me répète, il faut, en cas de détection, alerter l’athlète ou la famille si l'enfant est mineur ainsi que le médecin traitant.
Le rôle des dirigeants de club, et d’aider à la diffusion des messages de prévention sur le sujet, ne pas sacrifier la santé au profit de la performance. Enfin il est important de valider et relayer dans les clubs, les CD, les CR, les objectifs fédéraux de préservation de la santé.